Jean-Léon Pallandre et Marc Pichelin, de la Compagnie Ouïe/Dire, sont deux musiciens singuliers, qui depuis une quinzaine d’années qu’ils se sont rencontrés, ne cessent de redécouvrir et de partager à nouveau le miracle et le mirage de l’écoute.

Ils sont phonographistes, comme on est photographe : ils écoutent le monde avec leurs microphones. Ils s’intéressent à tout ce qui bouge, tout ce qui sonne, tout ce qui vit : le vent dans les feuilles, le chant des insectes, le son du quotidien… Ils composent des phonographies qu’ensuite ils mettent en espace pour l’auditeur. Car ils sont également phonographistes comme on est clarinettiste ou violoniste : ils jouent avec le son, en direct et au présent, sculptant pour l’auditeur une expérience d’écoute immédiate et originale, un paysage sonore nouveau, improbable et pourtant évident…Un peu comme serait un rêve… D’une étrange familiarité…

Jardin sauvage se présente comme la découverte d’un paysage sonore ouvert et riche dont ils seraient les jardiniers. Les enfants sont installés de part et d’autre des allées du Jardin, et il leur est offert de baigner dans l’espace du son. Une installation, discrète mais très précise de huit haut-parleurs, en regard du décor et du jeu en direct des musiciens, permet de créer des plans d’écoute très différenciés pour les voix, les paysages, les évocations animales ou végétales, et les gestes liés au travail du jardin… C’est ainsi à une véritable composition architecturale de l’espace sonore que les enfants sont associés.

Les musiciens sont les jardiniers de cette expérience. Leur instrument de concert est donc à la fois l’ensemble des haut-parleurs où se trouvent jouées leurs phonographies, et l’espace du plateau organisé et dessiné pour leur permettre les nombreuses interventions musicales de direct : objets manipulés, voix, synthétiseur analogique… Tout leur est bon pour que se dessine aux oreilles de l’enfant auditeur une expérience d’écoute intense et originale. Les musiciens sont très attentifs et réactifs au comportement des enfants, et une relation musicale d’une grande complicité est établie, ceci étant encore facilité par le choix de jouer pour des groupes d’effectifs restreints.

La voix, premier instrument de l’homme, chantée, parlée, ou chuchotée, trouve dans ce nouveau spectacle une place importante, favorisant encore le partage direct et sans artifice d’un plaisir à entendre qui ne cache pas son jeu. 

La voix ne « raconte » pas le jardin, les musiciens ne « représentent » pas le jardinier, comme on pourrait le faire au théâtre, non, ils jouent un monde sonore imaginaire piqué, coloré, étonnant, empreint de mille références et de mille évocations poétiques liées à l’univers du jardinage.

Un voyage sonore à rêver éveillé.

Représentations…


Le spectacle a été joué à l’Agora de Boulazac, à Thenon, à Beaumont-du-Périgord, à Coulounieix-Chamiers, à Champagnac de Belair, au Centre d’Initiation Musicale de Bar-le-Duc, au Festival Musique Action de la Scène Nationale de Vandoeuvre-les-Nancy, à la Cérène à Brest, au Théâtre Athénor de Saint-Nazaire, au Théâtre Bethelot à Montreuil, Brive-la-Gaillarde, Capdenac

Conception interprétation :
Jean-Léon Pallandre
Marc Pichelin

Photos :
Bernard Dutheuil

Production :
Jardin sauvage a été créé en janvier 2010 au Centre Culturel de Bergerac. Il a été co-produit avec l’Agence Culturelle Dordogne-Périgord et l’OARA. Il a également reçu le soutien du CIM de Bar-le-Duc et de la Gare Mondiale de Bergerac.