Né en 1962, Jean-Léon Pallandre vit à Albi.

Artiste sonore, musicien phonographiste, Jean-­Léon Pallandre développe un travail de création qui explore les relations entre l’écoute, l’espace et la mémoire. Son œuvre est une redécouverte du geste d’entendre, débarrassée de tout impératif culturel ou esthétique, une invitation à accueillir l’événement sonore dans sa présence, sa profondeur, sa complexité et sa beauté.

A partir de prises de son qu’il réalise sur des sites ou dans des contextes choisis, très divers (du pétillement des glaces du Groenland aux sonnailles des vaches du Tarn, du ronflement des vespa napolitaines aux paroles de mémoire des mineurs de fond ou aux appels de l’épicier ambulant du village …) Jean-Léon Pallandre développe un travail original de création sonore, qu’il nomme phonographie.
La phonographie est l’art de capter l’énergie sonore et d’en graver l’empreinte pour ensuite mettre en jeu et en espace des événements sonores imaginaires. Pour lui, ce terme synthétise un processus complexe de création d’une expérience d’écoute originale au moyen des outils de captation, transformation et diffusion sonores. Le microphone comme les haut-­?parleurs sont les instruments d’une expérience poétique.
Jean-Léon Pallandre en est arrivé à développer cette approche personnelle très progressivement. Au départ, il suit une formation universitaire en Travail Social (DUT Carrières Sociales, 1981, Université François Rabelais, Tours), puis deux années de formation professionnelle en Théâtre (ateliers de formation de la Cie Théâtre Ensemble du Nord, sous la direction de Yves Brulois) avant d’affirmer son orientation vers la musique.
Au Conservatoire de Calais il suit la classe de composition électroacoustique de M.Pierre Vasseur (1986-1990) et complète sa formation en pédagogie musicale au Centre de Formation des Musiciens Intervenants de l’Université de Lille III, où il obtient le DUMI. La suite de sa formation est le fruit d’expériences, de rencontres, et de stages.
Récemment, il approfondit sa formation vocale et suit les trois degrés de formation en psychophonie sous la conduite de Anne Vasseur Gilbert.
Il enseigne de 1987 à 1991 au Conservatoire de Calais où il est chargé de la mise en œuvre d’une antenne expérimentale de l’Ecole sur un quartier de la Ville. C’est dans le cadre d’un projet de création mené ici qu’il rencontre Alain Savouret. Cette collaboration, qui devient complicité et amitié profonde, est fondatrice pour l’engagement artistique qui va suivre.
De 1994 à 2000, il est chargé du développement de l’action pédagogique au Centre National de Création Musicale d’Albi, le GMEA, où il développe également son expression artistique. Dans la même période, la rencontre avec Michel Doneda et les artistes du réseau d’improvisateurs La flibuste l’amènent à collaborer à de très nombreuses aventures dans le champ de l’improvisation.
Depuis les années 2000, Jean-­Léon Pallandre défriche son propre terrain d’expression artistique, intervenant en indépendant sur de multiples projets. La Compagnie d’Art Sonore Ouie/Dire, qu’il fonde avec Marc Pichelin en 1995, est le support de nombreuses créations qu’il met en œuvre, de l’édition d’objets phonographiques au spectacle vivant.

   

L’Art sonore est une pratique ouverte, de l’installation au spectacle vivant, du concert à l’édition. Certaines des compositions de Jean-­Léon Pallandre sont éditées sous la forme de CD audio (telles les “cartes postales sonores” du label Ouïe/Dire), mais l’essentiel de l’œuvre est joué, mixé, ré-­?inventé, mis en espace par l’auteur même en situation de relation vivante aux auditeurs (spectacle, concert, performance, installation…). L’écriture des spectacles intègre l’espace scénique, le mouvement corporel et la voix, à laquelle il accorde depuis quelques années une place nouvelle. On peut entendre cet artiste sur diverses scènes et festivals, en France et à l’étranger, seul ou avec d’autres artistes, selon les projets où il s’inscrit. Fréquemment investi dans des projets pluridisciplinaires, il travaille également en relation au théâtre ou à la danse.
Il continue par ailleurs de développer sa recherche en matière de pédagogie musicale, centrée sur l’invention et l’écoute comme dynamique d’apprentissage : multiples interventions dans le domaine de la formation professionnelle, projets de création musicale avec des enfants, spectacles pour le jeune public, direction de stages.
Jean-­Léon Pallandre développe ainsi sa pratique artistique dans divers champs : la composition, l’improvisation, la relation pédagogique, l’édition. Pour lui, ces champs ne sont pas séparés les uns des autres : son sujet d’investigation est l’entendre et l’exploration la plus ouverte des gestes et des expériences que ce phénomène induit.