Concert qui propose le développement virtuose d’une polyphonie d’espaces sonores.

Le son instrumental, le son électronique, le son des transformations électroacoustiques y côtoient avec jubilation un kaléidoscope d’évocations phonographiques des plus variées. Ce concert plonge le quintette d’artistes dans un grand ensemble de haut-parleurs : les auditeurs spectateurs à la fois voient et entendent les musiciens en présence, et sont baignés dans une sorte d’énorme miroir sonore déformant. Jeu de correspondances, de transformations, de superpositions, de simulacres, la musique des Klebs est un vif et joyeux maelström de sensations auditives, un voyage onirique, une formidable dégustation, semi-aveugle, pour les oreilles.

“Les klebs” est un ensemble de musiciens très ancré dans notre temps, mêlant instruments acoustiques (clarinette, contrebasse, explorées dans leurs sonorités les plus intimes), projection phonographique (traces revisitées du paysage sonore), instrument électronique (synthèse analogique modulaire sans clavier), et traitements électroacoustiques live (live analog tape, live mix, live treatments et multidiffusion).

Le voyage sonore est étonnant, joyeux, brillant, l’oreille est sollicitée sans relâche.

C’est une musique vive où chaque musicien puise au plus secret de son écoute pour emmener le flux sonore vers des reliefs toujours changeants. C’est une musique à la fois simple et complexe : simple car elle procède du bonheur d’entendre le plus immédiat, le plus généreux, et complexe car elle s’appuie sur une grande dextérité, un savoir faire abouti qui sait se jouer de référents sonores très contrastés pour inventer avec virtuosité une pâte musicale inattendue et totalement cohérente.

Il faut découvrir les klebs avec le goût de l’inconnu, l’attention éveillée. Ces cinq-là, qui viennent d’horizons diversifiés (musique improvisée, musique électroacoustique, phonographie, techniques du son…), mettent en commun un engagement fulgurant dans l’instant qui s’invente. On ne retrouve rien de connu dans “les klebs”, rien, sauf peut-être ce plaisir immédiat qu’enfants nous avions à écouter tomber la pluie sur les toits de tôle.

Quelques détails….

Avec Xavier Charles (clarinette), David Chiesa (contrebasse), Jean-Léon Pallandre (matériaux phonographiques), Marc Pichelin (synthèse analogique), Laurent Sassi (mixage, traitements électroacoustiques et spatialisation).